
Acting · 40 titres
Jacques Robiolles, né le 6 mars 1935 à Coutances et mort dans la même ville le 19 avril 2017, est une figure singulière du cinéma français, à la fois acteur, réalisateur, producteur, décorateur et compositeur. Son parcours atypique commence littéralement dans le monde du cinéma : il naît dans la roulotte de projection itinérante de son père, qui parcourait la Normandie pour projeter des films muets. Cette enfance passée au contact direct des images, des bobines et des salles improvisées forge très tôt sa vocation. Après une adolescence passée entre petits emplois et apprentissage de tapissier, il monte à Paris en 1953, à la mort de son père. Sans ressources, il loge dans l’hôtel d’un cousin et fréquente les milieux artistiques. Il suit les cours de Tania Balachova, grande pédagogue du théâtre, et travaille comme régisseur au Crazy Horse avant d’intégrer le Théâtre de l’Odéon sous la direction de Jean-Louis Barrault. Il participe activement aux événements de Mai 68, occupant le théâtre avec les contestataires. Sa carrière au cinéma débute au début des années 1960. Claude Chabrol lui offre un premier rôle dans Landru (1962), puis il apparaît dans plusieurs films majeurs de la Nouvelle Vague, notamment La Mariée était en noir (1967), Baisers volés (1968) et Domicile conjugal (1970) de François Truffaut. Il tourne également avec Philippe Garrel, Jacques Rivette, Jean-Daniel Pollet et devient un visage familier des fictions de l’ORTF. Parallèlement, Robiolles développe une œuvre personnelle de cinéaste indépendant, souvent autoproduite, tournée avec très peu de moyens, parfois dans son propre appartement. Ses films — Le Dagmaluakh (1968), Les yeux de maman sont des étoiles (1971), Le Train de Transylvanie (1973), Le Jardin des Hespérides (1975) — témoignent d’un style poétique, fantastique, profondément anti-commercial. La Cinémathèque de Toulouse le décrit comme un « poète de la pelloche », un créateur libre, inclassable, étranger aux normes industrielles. Comme acteur, il apparaît aussi dans le cinéma populaire des années 1970 : Les Bidasses s’en vont en guerre (1974), Bananes mécaniques (1973), Le Mors aux dents (1979), Rebelote (1984). Son dernier rôle notable est dans le documentaire Le Fantôme d’Henri Langlois (2004). Jacques Robiolles laisse l’image d’un artiste total, passionné, artisan du cinéma, ayant traversé aussi bien les marges que les grands noms. Il est le père du comédien Stanislas Robiolle.
FilmLe Frisson des vampires
1971
Anna Luna
1980
La Maison qui pleure
1979
Ballad for Billy the Kid
1974
Cinématon n°2028 : Jacques Robiolles
FilmDomicile conjugal
1970
SérieLes Compagnons de Baal
1968
FilmLes Conquistadores
1976
FilmBaisers volés
1968
FilmLa mariée était en noir
1968
FilmLandru
1963
FilmLa Femme secrète
1986
FilmRebelote
1984
FilmLes bidasses s'en vont en guerre
1974
FilmBarres
1984
FilmL'homme qui venait du Cher
1969
FilmTouche pas la femme blanche
1974
FilmPrenez la queue comme tout le monde
1973
La Fin de la nuit
1966
FilmCinématon
1978
FilmClockwork Banana
1974
FilmL'amour c'est gai, l'amour c'est triste
1971
FilmC'est dur pour tout le monde
1975
FilmLe Mors aux dents
1979
FilmLa Bonne Peinture
1967
FilmLes stances à Sophie
1971
FilmZig Zig
1975
FilmBananes mécaniques
1973
FilmDémons de midi
1979
La Lucarne magique
1971
FilmMarie pour mémoire
1968
FilmDétruisez-vous
1969
FilmUbu Roi
1965
FilmTrio
1987